L’intergroupe Viticulture, Fruits et légumes, Tradition, Alimentation de qualité du Parlement européen s’est réuni le mercredi 28 septembre à Strasbourg. A l’ordre du jour, la présentation de la filière européenne de la banane par M. Gérard Bally, Gérant de l’Association des Producteurs Européens de Bananes (APEB), venu témoigner de la crise que connait le secteur.
Subissant une concurrence sur le marché européen de quelques multinationales américaines concentrant l’ensemble de la production de la banane, les producteurs européens n’arrivent plus à vendre face à la “banane dollars” à bas coût malgré les mesures compensatoires établies par l’UE pour les aider. Réagissant aux propos de M. Bally, Catherine Grèze est intervenue devant les membres de l’intergroupe pour rappeler l’incohérence de la politique commerciale européenne vis-à-vis de la filière.
” Je voudrais tout d’abord remercier M. Bally pour ces chiffres intéressants. Bien entendu, mes collègues, Mme Astrid Lulling (PPE) et M. Dantin (PPE), assurent que l’on trouvera la majorité parlementaire pour des mesures compensatoires. Mais je voudrais souligner l’incohérence totale de la politique mise en œuvre par cette même majorité parlementaire.
D’un côté, elle a fait un vote de “bonne conscience” en agriculture en adoptant une enveloppe compensatoire plus grande pour la filière de la banane notamment. Mais de l’autre côté, cette même majorité a favorisé l’accord UE / Colombie / Pérou, au seul bénéfice des multinationales et au détriment, je le rappelle, des petits producteurs andins. Ce qui entraine comme conséquence un “bloc andin” cassé et des taxes sur les bananes avec les accords bilatéraux. Pour l’Equateur, 114 euros par tonnes. En Colombie et au Pérou 70 euros!
Aujourd’hui, il est plus que nécessaire que soit inversée cette logique commerciale favorisée par le Parlement européen. Il faut réfléchir à la question de la reconversion possible du secteur de la banane. C’est une question difficile à laquelle je n’ai pas de réponse.
Et si M. Bally nous a parlé de “banane durable”, censée être plus respectueuse de l’environnement, je m’interroge : Que peut-on faire avec les sols durablement pollués par la Chlordécone? “


















