De nombreux militants écologistes, poussés par les Amis de la Terre, avaient il y a quelques semaines demandé l’arrêt des investissements dans les Sables bitumineux, dans le nord Canadien : http://climatjustice.org/2010/05/23/total-complice-d%E2%80%99un-desastre-ecologique-et-humain-au-canada-%E2%80%93-arret-de-l%E2%80%99exploitation-des-sables-bitumineux/ <http://climatjustice.org/2010/05/23/total-complice-d%E2%80%99un-desastre-ecologique-et-humain-au-canada-%E2%80%93-arret-de-l%E2%80%99exploitation-des-sables-bitumineux/> .
Mais Total n’est pas le seul responsable. Les Verts canadiens dénoncent en effet l’action d’un gouvernement qui a attribué 8,3 milliards de dollars de subventions en l’espace de 8 ans à l’industrie pétrolière et gazière et a affecté seulement 3,7 milliards de dollars à l’objectif de réduction des gaz à effet de serre. Qui plus est, le gouvernement canadien porte aujourd’hui une proposition de réforme budgétaire rétrécissant le champ d’application des évaluations environnementales et mène au même moment une campagne de lobbying sur l’Union et les députés européens afin qu’ils abaissent les normes environnementales applicables.
Jusqu’à aujourd’hui, la législation de l’Union Européenne ne permet pas d’utiliser l’intégralité du pétrole issu des sables bitumineux (directive sur la qualité de l’essence et du gazole http://europa.eu/legislation_summaries/internal_market/single_market_for_goods/motor_vehicles/interactions_industry_policies/l28077_fr.htm <http://europa.eu/legislation_summaries/internal_market/single_market_for_goods/motor_vehicles/interactions_industry_policies/l28077_fr.htm> ). Mais la perspective de la signature de l’Accord de libre-échange CETA (Comprehensive Economic and Trade Agreement) liant l’UE et le Canada constitue une ouverture possible pour le gouvernement canadien, qui déploie des initiatives de lobbying, souvent en compagnie des grandes compagnies pétrolières. Au sein de l’Union, la Commission se laisserait peu à peu séduire ; l’adoucissement de son discours justifie notre mobilisation au sein du Parlement.
Du côté canadien, les protestations montent également. Elizabeth May, leader du Parti Vert, affirmait le 10 mai dernier que ” les efforts pour affaiblir les normes de l’Union européenne démontrent encore une fois à quel point notre gouvernement est incapable de reconnaître l’urgence de confronter la crise climatique. Le Canada continue de subventionner le pétrole à intensité carbonique la plus élevée qui soit sur la planète – le pétrole brut des sables bitumineux de l’Athabasca – et nous faisons tout pour persuader les autres nations de prendre part à cette pratique destructrice “. “Il est vraiment dommage d’avoir à accepter que le gouvernement actuel ne fasse rien pour protéger notre environnement.” De leur côté, les citoyens canadiens se mobilisent également (voir le site du Conseil des Canadiens : http://www.canadians.org/trade/issues/EU/index.html).
Des propositions alternatives
Le programme des Verts canadiens s’attaque bien plus frontalement aux défis actuels : décidés à mettre fin aux lourdes subventions octroyées à l’industrie pétrolière et gazière, ainsi qu’au nucléaire (17 milliards de dollars en 40 ans), aux solutions néfastes au changement climatique (augmentation des combustibles fossiles, mises à pied des travailleurs, etc), aux déductions pour amortissement accéléré accordées à l’industrie des sables bitumineux à hauteur de 1,3 milliards d’euros par an ! Ils souhaitent porter des solutions ambitieuses et réalistes :
- Éliminer la majorité des subventions aux entreprises et instituer de nouvelles taxes sur les activités des sociétés qui nuisent à l’environnement.
- Introduire des projets de loi antitrust plus efficaces dans les secteurs concentrés de l’industrie.
- Exiger des sociétés qu’elles fournissent des renseignements précis au sujet de leurs dossiers de conformité aux lois et aux politiques en matière de travail, d’environnement, de droits de la personne, de consommation, de santé et de sécurité, de criminalité, de concurrence et d’impôts et qu’elles protègent les personnes qui dénoncent les transgresseurs.
- Soutenir des groupes de vigilance de citoyennes et de citoyens, démocratiquement structurés et largement représentatifs, pour surveiller les principaux secteurs de l’économie.
Rappelons qu’en 2008, Elizabeth May recueillait, dans son état, Central Nova, jusque 32% des voix. Elle reste le meilleur espoir, dans un système électoral à un tour, pour les canadiens de faire élire une Députée au Parlement lors des prochaines élections !
Catherine Grèze


















